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mercredi 28 janvier 2015

réseaux sociaux et sentiments

On a tous une personne qu'on a aimée puis perdue. Une personne à qui on pense parfois et à qui on aurait des choses à dire. C'est normal. C’est sain.
Parfois, je pense à mon grand-père avec tendresse et je voudrais lui parler de mes enfants, de mes projets, des arcs qu'il nous fabriquait lorsque nous étions petits. Je regrette de n'avoir jamais su lui dire qu'il comptait, parce que j'étais trop petite. Et si je le pouvais, aujourd'hui, je le ferai.
Je pourrais lui écrire une lettre, qu'il lirait par-dessus mon épaule, ou pas. Je ne sais pas.
En tout cas, j'aurais envoyé le message.
Je comprends donc sans difficultés le besoin de certains de ne pas couper les ponts. De ne pas passer complètement à autre chose.
Pourtant, j'avoue que, chaque fois que je vois sur un réseau social un message à l'intention d'une personne qui n'est plus là, ça me gêne.
Déjà parce que, peu importe les publicités, aucun opérateur internet ne couvre l'au-delà.
Imaginer que le message arrivera parce qu'on l'a mis sur le réseau social le plus visité est aussi fou que crier devant sa télé pour encourager son équipe préférée.
Mais au-delà de cela, s'il suffisait de le dire ou de l'écrire pour que les êtres qui nous manquent nous entendent, pourquoi le faire en dénigrant toute forme d'intimité ?
Qu'est-ce que nous apporte ces « tu me manques » à destination de la seule personne qui ne possède plus d'écran pour le lire ?
Je suis touchée de lire des messages à propos du ressenti des gens, de leurs émotions, de leurs sentiments. Lorsque j'ai l'impression que ce message m'est destiné entre autres.
Mais lorsque je tombe sur ces déclarations privées, j'ai l'impression qu'on me force à prendre le rôle du voyeur devant son écran. Et ça me gêne. 
Il ne s'agit pas seulement de compter les anniversaires de nos défunts, le procédé est le même pour les enfants.
On peut être fier du premier pipi dans le pot de notre bébé. De sa première dent qui lui donne cet air si marrant. Et on peut avoir envie de le crier au monde entier. Et ce, même si le monde entier n'y porte pas grand intérêt.
Mais s'adresser à son enfant, en passant par Facebook, pour lui dire qu'on l'aime. À quoi ça nous mène ?
N'est-il pas plus efficace d'éteindre son ordi et de le lui dire en face ? De le couvrir de câlins au lieu de le mitrailler de photos à poster ? 
Et si on veut graver l'instant, avec toute l'émotion qu'on a ressentie en voyant ce premier pipi, n'est-il pas plus efficace de lui écrire un journal, qu'il pourra découvrir plus tard plutôt qu'un post qui se perdra au milieu des vidéos de chats et autres demandes d'aide pour des jeux ?
Oui, il y a des êtres qu'on aime au point de vouloir le dire au monde entier, mais les plus belles déclarations sont celles qu'on murmure, sans public devant qui s'illustrer.






vendredi 23 janvier 2015

home sweet home

Après plusieurs jours de mutisme endeuillé, me voilà de retour sur Palum.
Il m'a fallu un moment avant de retrouver l'envie d'écrire et les mots. Malgré tout le tapage qu'exerçaient mes personnages dans ma tête, je n'avais ni le courage ni l'inspiration de me remettre à l'écriture.
Mais, la magie opère à nouveau comme un baume qui s'étend lentement jusqu'à avoir soulagé la peine et calmé les craintes.
Je retrouve les paysages de Palum qui me font tant de bien, la cérémonie du troisième printemps si festive et colorée, les joutes verbales et la tendresse de mes personnages. Je me sens de retour chez moi, après la tempête.
J'ai le bonheur de mettre davantage en avant certains personnages comme Kinsley que je connaissais si bien, mais qui n'avait pas eu le temps ni la place de se dévoiler lors du premier tome. J'ai vu Flynn grandir et changer, sa langue toujours aussi pendue n'est toutefois plus aussi naïve qu'avant. Sur elle aussi, la violence des actes a laissé des traces.
Et puis il y a ces petits nouveaux, Bruynn la petite villageoise recueillie à tout juste deux semaines après avoir été abandonnée. Farial et Gënan, dont le lien est si fort qu'il me rappelle celui d'une mère à son enfant. Lory, dont la fine lame n'a d'égale que son incapacité à réfléchir.
Je ne vais pas m'ennuyer avec eux, et j'espère qu'ils vous plairont autant qu'à moi. Le don d'Union n'a pas dit son dernier mot. Plusieurs tomes se dessinent sur les pages griffonnées de mon cahier de brouillon. Un nouveau classeur devrait voir le jour et je vais bientôt manquer de bristol.
Et sur la première page, un titre qui en dit long: l'Académie de l'Union.

Pont de Prak reliant le Mont Araudan aux cités trogs.

samedi 10 janvier 2015

rassemblement, la peur au ventre

Sur les réseaux sociaux, on ne parle que des attentats. Demain les rassemblements vont se multiplier dans le pays. Nombreux sont ceux qui souhaitent y participer. Mais dans mon entourage, les gens qui le déconseillent sont plus nombreux encore.
Les gens ont peur.
Comment leur reprocher ? Avoir sur une même place des milliers de personnes qui viennent montrer leur soutien aux familles et faire front contre le fanatisme et l'obscurantisme de manière pacifiste a de quoi donner envie aux plus fous de frapper un bon coup.
Alors partout on le dit, les rassemblements seront pris pour cible.
Grâce à toutes ces personnes inquiètes, je suis donc parfaitement consciente du risque. Pourtant, je ne me vois pas être ailleurs. 
Je suis mère et la sécurité de mes enfants compte plus que la mienne. Je ne veux pas mourir, même pas si ça faisait de moi un héros. Mais je veux que mes filles aient le courage de se lever pour défendre leurs idéaux et pour ça, je dois le faire moi-même.
Je veux aussi qu'elles aient un avenir meilleur. Que toutes ces images de guerres, de ruines, de bitume ensanglanté et de peuple endeuillé ne soient pas notre quotidien de demain. 
Je ne veux pas qu'elles grandissent dans la peur ou dans la censure.
Et pour ça, je dois agir. 
Je veux faire partie de ces gens qui s'uniront pour faire front. Je veux faire partie de ceux qui montreront au monde que la France ne se mettra pas à genoux. 
Si nous nous cachons, alors les moins courageux parmi ces détraqués trouveront dans notre peur le courage d'agir à leur tour. 
Je veux vivre, plus que tout. Mais je veux vivre debout.



jeudi 8 janvier 2015

Charlie nous a unis

Depuis hier, je viens sur ce blog, j'écris, j'efface et finalement je pars.
Rien de ce que j'avais à dire n'était assez intelligent ou pudique pour être partagé. Rien, jusqu'à ce soir.
Hier, j'ai pleuré. Plusieurs fois pendant la journée, parce que j'avais été blessée comme des millions de gens. Parce que j'ai eu peur surtout.
Je me suis dit que cette tuerie allait mettre le feu aux poudres. Que l'amalgame servirait de mèche.
Je me suis dit que les musulmans allaient être pris pour cible et qu'ils se défendraient. 
Je me suis dit que d'autres fous en profiteraient pour tuer au nom d'idéaux qui sonneraient faux.
Je me suis dit que l'homme était un loup, une fois encore.
Et puis j'ai vu les images des rassemblements, les témoignages des gens, les dessins poignants. J'ai vu l'Homme s'unir sans rage, avec son seul amour comme réponse. Et la solidarité. 
J'ai vu des gens comme un seul être pleurer sans pudeur comme on peut le faire lorsqu'on se sent entourés de gens bienveillants. 
J'ai vu des journalistes portant le deuil qui refusaient de s’arrêter le temps de pleurer. Qui refusaient de se taire. 
Et j'ai pleuré. Une fois encore. 
Au milieu des loups, il y a des Hommes. 


lundi 5 janvier 2015

Une flopée de conseils pour les auteurs

Le net regorge de conseils en tout genre, et dans tous les domaines. Les auteurs ont donc eux aussi leurs tutos, astuces, et autres règles à suivre... ou non.
Personnellement, je ne les lis pas.



Pourquoi me direz-vous ?
Je me pose souvent la question, voyez-vous ! Je ne suis pas contre m'améliorer sans cesse et certaines "bibles" me font de l’œil régulièrement. Chaque fois, j'hésite. Je clique, je clique pas ? 
Je ne suis jamais sûre de moi, mais je ne clique pas. 
Il y a surement de bons conseils qui me seraient utiles et que je rate, mais, lorsqu'on trouve "la bonne manière" de faire, on se ferme à toutes les autres.
La première fois qu'on m'a parlé de conseils d'écriture, c'était pour l'ouvrage d'Orson Scott Card. Le vendeur (parce que oui, au final, il s'agissait pour lui de vendre) me démontrait à grand renfort de tableaux et de chiffres à quel point je connaissais mal mon propre livre et à quel point j'étais ignorante dans l'Art de l'écriture. 
De mon côté (et ce, en dehors du fait que la vue d'un Excel me donne envie de fuir), je cherchais juste le moyen le plus poli de le faire taire. Non pas que je pense tout savoir, mais il me semble que ce qui différencie l'artiste de l'artisan, c'est que son oeuvre est davantage basée sur sa sensibilité que sur des règles préétablies. 
Je pense souvent aux propos de Neil Gaiman lors du discours pour l'université des arts de Philadelphie: "Vous n'avez aucune idée de ce que vous faites. C'est génial. Si vous ne savez pas que c'est impossible, c'est plus facile à faire."
Neil Gaiman.

Je fais des erreurs, certaines me coûtent, d'autres se révèlent finalement être de bonnes surprises. C'est ça aussi qui fait que l'écriture est une aventure. Il y a des auteurs au style monotone avec des idées de génie et d'autres à la plume poétique, mais qui n'ont pas grand-chose à dire. 
J'espère me trouver à mi-chemin entre les deux, et pour m'améliorer je compte sur les remarques qui me sont faites par mes lecteurs ou mes bétas lecteurs, car eux seuls m'apportent des conseils personnalisés qui ne sont valables que pour moi, à un moment, sur un texte. 
Il y a des tas de bons conseils que je serai ravie de recevoir autour d'un verre lors d'un vrai échange. Pour le reste, je laisse mon imperfection donner vie à mes idées farfelues. Parfois, la magie opère.