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jeudi 30 juillet 2015

Point final.

Je viens de mettre un point final au second Tome de la saga Palum.
Oui, ça y est. C'est fait.
Contrairement à l'année dernière où la joie de finir un premier jet m'avait donné envie de danser, cette fois-ci, point de saut de biche.
Non pas que je sois tellement habituée que je m'en sois lassé. Je ne sais pas s'il existe des auteurs blasés capables de dire sans lâcher des yeux le programme télé "au fait, le manuscrit est prêt. Je l'ai mis à l'entrée. Il cale la porte en attendant que l'éditeur passe le chercher". Mais cette fois-ci, plutôt que de l'excitation, j'ai ressenti du soulagement.
Pas à l'idée d'en avoir enfin fini. Pas à l'idée de pouvoir enfin profiter de mes vacances.
Mais à l'idée d'avoir réussi à mener de nouveau un projet à terme.
C'est un bel exploit de sortir un livre et d'en vendre, même un seul, à une personne qui ne soit ni de votre famille, ni de votre entourage. Mais c'en est un autre, autrement plus difficile à mon sens, de réitérer l'expérience.
Et dans mon cas particulièrement !
L'envie m'a prise tard. Je suis une Madame tout le monde qui a décidé à trente ans de tenter un pari fou. Mais il ne suffit pas d'avoir le courage de se faufiler en douce pour entrer sur le terrain, il faut justifier de sa présence en tapant du ballon. Un tir réussi, c'est un bon souvenir. Un moment de gloire qui vous nourrit un instant et dont vous parlerez à vos petits enfants. Multiplier les tirs, c'est le seul moyen de gagner le maillot pour rester sur le terrain.
Pour l'instant, je n'ai marqué qu'un but. Mais j'ai deux ballons qui, comme des munitions, attendent devant la cage pour réitérer l'exploit.
J'ai beaucoup douté ces derniers mois et la page est souvent restée blanche.
Pourtant l'envie était là, mais pas toujours la confiance en moi. Alors je suis soulagée de pouvoir dire que je l'ai fait, encore une fois. J'ai fini d'écrire un manuscrit. J'ai entre les mains une histoire à retravailler et à corriger, mais une histoire à n'en pas douter. Et je vais en faire un livre parce que je ne veux pas sortir du terrain.



jeudi 9 juillet 2015

De l'altitude, des potes et du dépassement de soi.

Chichilianne dans le Vercors, samedi 4 juillet 15h. température approximative 100° Fahrenheit.

Je me retrouve là, un peu par hasard. Embarquée à la dernière minute par des amis pour me changer les idées, je retrouve des gens que j'apprécie, mais que je n'ai pas vus depuis (trop) longtemps, le paysage est magnifique, l'ambiance est festive, j'ai un équipement tout neuf et des pansements pour les ampoules... je suis prête.
On est trente six à tenter l’expérience, dont certains enfants, je me dis donc que c'est à la portée de tout le monde et que ça va le faire grave. Quand le chef de rang donne le top départ, j'ai le sourire et je l'ai gardé sur au moins... cent mètres.

Ok je me suis peut-être un peu emballée sur mes capacités physiques et, si l'amitié donne des ailes, celles-ci étaient sans doute déjà occupées avec d'autres amis dont le programme leur convenait mieux.
La chaleur est étouffante, ça cogne si vite contre mes tempes qu'il me semble que mon sang est en train de bouillir. Le groupe se sépare, chacun trouve son rythme de croisière et, moi, à la traîne, je rêve de croisière justement ou juste d'eau ; des pieds à la tête... avec des glaçons.
Lorsque je retrouve une partie du groupe qui profite d'un coin d'ombre pour faire une pause, la seule chose qui m'empêche de m'allonger, c'est la peur de rouler jusqu'au point de départ.
Je vois sur les visages rougis que je ne suis pas la seule à me demander quel genre d'homme peut vouloir subir ça et le faire subir à ses amis pour fêter ses quarante ans ! Je reprends mon souffle tant bien que mal, descends ma première bouteille et tente de garder un semblant de contenance... après tout, on a parcouru que le quart.


Très vite je me rends compte que ça ne va pas le faire. Pas de cette manière en tout cas. 
Je fais dix mètres, je m’arrête, je respire, je repars.
Dix mètres de plus, nouvelle pause, cette fois je lève les yeux... pu*** que c'est beau. 
Je suis toute seule, dans un paysage qui ne ressemble à rien de ce que je connais et, l'air de rien, j'avance. Finalement, la durée du trajet n'a plus d'importance. J'arriverai lorsque j'arriverai et il sera toujours temps de faire la fête. Je profite de ce moment où, bien qu'à bout, mon corps continue de m'obéir et d'avancer.
Je pense à tous ceux que je retrouverai là haut, à la soirée qui nous attend, à cette nuit hors normes et finalement je me rends compte que l'endroit où je croyais avoir rendu l'âme est bien loin derrière moi.
Bientôt je retrouve des silhouettes amicales qui me demandent si je vais bien... J'ai mal aux jambes, j'ai chaud et soif, mais oui je vais bien. 
Bor*** je vais même carrément bien !


"Viens voir, Solange. On se croirait sur Palum !"
Son enthousiasme regonfle le mien, je parcours les derniers mètres plus raides que les autres, j'évite de me casser la figure à plusieurs reprises et me voilà.



L'endroit est magnifique. L'air y est plus frais. Et un peu plus loin devant un refuge, un petit groupe brise déjà le silence de la montagne de rires et de vannes. Le temps de se féliciter les uns les autres, de se rafraîchir à la source et déjà les premières bouteilles sont de sortie. 

Et finalement, je me dis que c'était une idée géniale pour un quarantième anniversaire !